1 Juin – L’Europe, 1685, un grand cru

« Modification de l’horaire, (15h au lieu de 16h) suite à l’annonce d’un mariage dans l’église, qui nous a été faite trop tardivement, après impression des brochures »

1685

Johann Sebastian Bach (1685 – 1750)

Air « Öffne Dich » extrait de la cantate BWV 61 (Nun komm der Heiden Heiland)

Concerto pour clavecin en sol mineur BWV 975 (d’après le concerto pour violon op. 4 n° 6 de Vivaldi) [sans indication de tempo] – Largo – Giga. Presto

Domenico Scarlatti (1685 – 1757)

4 Sonates pour clavecin Cantate « Tinte a note di sangue »

Georg Friedrich Haendel (1685 – 1759)

Chaconne en sol HWV 435 Cantate « Clori, mia bella Clori » HWV92

The Temporary Project

Jean-Christophe Dijoux, clavecin et direction

Notes de programme

1685 est une année faste dans l’histoire de la musique, avec la naissance de trois géants : Johann Sebastian Bach, Georg Friedrich Haendel et Domenico Scarlatti. Si les deux derniers se rencontrent à Rome en 1708, et participent à cette occasion à une joute musicale mémorable (ce dont la Chaconne en sol de Haendel est possiblement un témoignage), Bach ne quittera pas les terres germaniques. C’est à travers l’étude des maîtres italiens qu’il fera son voyage d’Italie : en transcrivant Vivaldi, il s’approprie les codes du concerto, dont les Concertos Brandebourgeois offriront plus tard une synthèse magistrale. De la même manière, dans ses cantates, son écriture pour cordes – et même pour voix ! – se ressent de cette influence, ce qui offre aux chanteurs des difficultés parfoisardues.

Domenico Scarlatti, Italien au service de la cour de Portugal puis d’Espagne, pousse la technique de clavecin à un point insoupçonné jusqu’alors. Ses 555 sonates, extrêmement inventives, faisant la part belle au acrobaties et autres croisements de mains, émeuvent néanmoins par leur vocalité souple et raffinée. Son écriture se ressent par ailleurs, dans l’âpreté de ses dissonances et la souplesse de ses rythmes, de l’influence des musiques populaires ibériques. Si sa musique vocale est restée – injustement – dans l’ombre de son oeuvre pour clavier, elle n’en est pas moins d’une impressionnante densité. La cantate Tinte a note di sangue, par ses récitatifs colorés et ses ruptures, en offrent un exempleéloquent.

Haendel, quant à lui, combine la grandeur française à la technique d’archet des Italiens. La Chaconne HWV 435 est, à ce titre, exemplaire, le medium issu de la suite de danse versaillaise y étant paré d’ornements venant directement de Corelli. La leçon italienne de Haendel se lit également dans ses nombreuses cantates de jeunesse, flamboyants témoignages de son sens précoce du drame. Clori, mia bella Clori montre ainsi, avec une grande subtilité, les différents états d’esprit que traverse un amant infortuné, de la supplication à la jalousie en passant par latendresse…

The Temporary Project

Sous la direction de Jean-Christophe Dijoux, 1er Prix du concours Bach de Leipzig en 2014, TheTemporary Project réunit des amis et collègues musiciens rencontrés au gré de ses expériences musicales. Ce qui rassemble ici, c’est le plaisir de faire de la musique ensemble, de respirer d’un même souffle, et l’intégrité de l’engagement artistique. Et peu importe si la plupart des musiciens sont lauréats des concours de Bruges, Leipzig ou Magdebourg, l’essentiel est ailleurs : mettre l’expérience et le savoir de chacun au service d’un projet musical commun, voilà l’enjeu. Assumant pleinement le caractère éphémère de l’exécution musicale, The Temporary Project cherche à faire  de chaque concert une expérience unique, pensée pour un lieu et un public donné (« comme un tailleur ajuste un vêtement », disait Mozart), partant du silence pour retourner au silence. www.jcdijoux.com

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